Des cyanobactéries ont déjà été observées en surface à plusieurs endroits des lacs de Zurich et de Zoug. Le vétérinaire cantonal neuchâtelois fait le point pour le lac de Neuchâtel.

Un amas d’algues rouges aperçu sur les rives du lac de Zurich.
Amt für Wasser und Energie Zurich

À Zoug, où le lac est devenu rouge par endroits, on l’a déjà repérée à Noël; elle est maintenant présente dans le lac de Zurich. Elle, c’est une cyanobactérie, dite aussi «sang des Bourguignons». Et elle peut être très toxique quand elle remonte à la surface, en particulier pour les chiens qui peuvent l’ingérer. C’est d’ailleurs sa variante bleue qui avait tué plusieurs toutous ces derniers étés, notamment dans le lac de Neuchâtel en été 2020 et en 2022.

Cette algue sévit désormais donc dans les eaux alémaniques. De gros amas ont été repérés notamment à Stäfa, Küsnacht et près de l’île d’Ufenau. Selon Thomas Posch, professeur et chef de projet à la station limnologique de l’Université de Zurich, interrogé par le «Tages-Anzeiger», les températures automnales anormalement élevées expliqueraient pourquoi cette cyanobactérie s’est désormais propagée cet hiver. En effet, le lac de Zurich est 2 degrés plus chaud que la norme actuellement.

Pour l’instant, pas encore de cas à Neuchâtel

À Neuchâtel, pour l’instant, aucune observation de cette cyanobactérie n’a été rapportée. «Nous n’avons généralement pas de problème durant la saison froide, car ces cyanobactéries ont besoin que les eaux soient chaudes et surtout calmes pendant deux ou trois semaines pour remonter à la surface», explique le vétérinaire cantonal Pierre-François Gobat. Selon lui, dès qu’il y a un orage, les amas disparaissent. Mais il est conscient que ces algues bleues font leur apparition toujours plus tôt. «L’an dernier, nous avons eu deux cas d’intoxication en mai déjà.»

Le canton ne va pas surveiller pour autant davantage ses eaux. «On sait que ces bactéries sont là. Et nous avons posé des panneaux de prévention dans les endroits à risque, comme l’embouchure de l’Areuse, à Boudry», ajoute-t-il. En outre des flyers ont été distribués en 2021 aux propriétaires de chiens pour les rendre attentifs. «C’est comme pour les champignons: ce n’est pas parce qu’il y a des spécimens toxiques qu’on va les enlever. C’est aux gens de faire attention, surtout quand ils ont de jeunes chiens», estime Pierre-François Gobat.

Légèrement toxiques aussi pour les humains

Si les cyanobactéries qui remontent à la surface sont particulièrement toxiques pour les chiens (ils peuvent mourir en moins de trente minutes), elles peuvent l’être aussi dans une moindre mesure pour les humains. Mais uniquement après ingestion ou contact prolongé avec la peau. Une consommation accidentelle peut ainsi occasionner des troubles digestifs mineurs, comme des diarrhées et vomissements. Ce sont surtout les jeunes enfants qui sont les plus exposés.

Source de cet article : 20min.ch le 04.01.2023 par Christine Talos